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Je suis reconnaissant à Évelyne Sechaud et Jean-Louis Baldacci de nous avoir donné l'occasion de revisiter la sublimation.
En tant que processus, ce « destin de la pulsion » se révèle tout à fait convaincant. Par ailleurs, sa présence et, plus encore, son absence au cœur de l'activité analytique sont aisément repérables.
En revanche, il m'arrive d'être décontenancé par l'usage parfois abusif que nous faisons de ce concept lorsqu'il s'agit de nos propres activités, dès lors que nous quittons notre fauteuil. Quel maître servons-nous lorsque nous privilégions de manière excessive l'investissement, à nos yeux plus noble, de la pensée et de l'activité intellectuelle au détriment de la vie tout court? Le potentiel libidinal disponible n'étant pas illimité, doit-on parler de sublimation ou de formation réactionnelle?
La notion de sublimation se distingue par le fait que la place qu'elle occupe dans la clinique ne se retrouve pas dans la théorie. En effet, bien qu'ayant abordé à plusieurs reprises ce concept, dans des textes où il a soutenu des idées contradictoires, Freud a détruit le seul article qu'il lui avait consacré.
Le terme de « sublimation » contient l'idée de passage à un niveau plus élevé, le sublime philosophique qui est une catégorie de l'esthétique, ascension inscrite dans la définition qu'en a donnée Lacan: élever un objet imaginaire et narcissique à la dignité de la Chose (das Ding).
Il signifie également, dans sa référence à la métaphore chimique, une transmutation, la transformation d'énergie sexuelle en énergie non sexuelle - véritable saut épistémologique - qui constitue l'aspect le plus problématique.
La sublimation se présente ainsi comme un concept-charnière, puisqu'il désigne à la fois: