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La sublimation par excellence s'énonce comme ce qui échappe à la tyrannie du corps. Sublimation des pulsions, a avancé Freud qui, par approches successives, a tenté de rendre compte du mécanisme à l'œuvre sans pour autant en proposer une théorie générale. Le domaine de la création artistique est le lieu exemplaire de la sublimation. L'immense domaine des œuvres, tel que les sociétés l'ont connu pendant longtemps et comme il a été légué par la tradition, est parfaitement compatible avec la définition avancée par Freud et dont le paradigme était Léonard de Vinci. Mais on sait que les surréalistes n'étaient pas loin d'être pour Freud « des fous intégraux »1
Les contradictions s'accentuent encore avec l'art contemporain et singulièrement avec l'émergence de l'art corporel dans les années 1970 et, dans sa suite, tout un champ de l'art actuel. Le paradoxe est alors porté au maximum, puisque, d'un côté, la notion d'œuvre semble préservée. Quelle que soit la diversité des œuvres et en dépit de la contestation dont elles peuvent faire l'objet (et souvent leur propre contestation fait partie de leur programme), on retrouve avec elles la dimension de l'objet socialement valorisé: elles aboutissent ainsi, après un parcours plus ou moins long, dans des expositions et des musées. Par ailleurs, avec ces œuvres, dans un renversement manifeste du point de vue freudien sur la sublimation, le lien avec la sexualité est maintenu, voire exalté, dans une apparente contradiction.