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Les analystes qui ont écrit sur la sublimation ont généralement porté leur attention sur les créations littéraires ou artistiques plutôt que sur les recherches scientifiques, notamment mathématiques, qui, par la rigueur absolue qu'elles impliquent, peuvent paraître les moins susceptibles d'être concernées par les phénomènes inconscients.
Le psychanalyste hongrois Imre Hermann, dans ses « Pathographies »1, a envisagé les relations entre « la production intellectuelle d'un certain nombre de penseurs reconnus » et les éléments biographiques et psychopathologiques qui ont, selon lui, déterminé les caractéristiques de leur œuvre: « La pensée, en tant que produit final, devient analysable et donc interprétable du point de vue psychanalytique, dans la mesure où elle était en rapport avec l'inconscient. » Il a consacré deux articles au mathématicien hongrois János Bolyai (1802-1860), l'un des deux créateurs, en 1825, donc avant Lobatchevski, de la géométrie non euclidienne. Dans le premier de ces articles2, il suivait « la genèse d'une pensée géniale à la lumière de la pathologie » - mais aussi du contexte culturel dans lequel ont travaillé Bolyai aussi bien que Lobatchevski. Dans le second3, il s'attachait essentiellement à montrer que Bolyai était schizophrène.
Il n'est pas question de reprendre ici les différents aspects de la pathologie de Bolyai mis en lumière par Hermann, mais à partir des élaborations de celui- ci, et en me fondant également sur un certain nombre d'éléments biographiques