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La sublimation serait-elle devenue la vertu de la pulsion? À partir de cette interrogation, un glissement peut être fait de la sublimation au progrès de l'esprit et, facilement, nous amener à conclure à la déprise de l'univers des sens. Et si « la plus grande aventure de l'instinct » n'était qu'un subterfuge adaptatif au socius? Si cette adaptation connue sous le vocable de « désexualisation » avec, en prime, celui de « civilisation », pouvait triompher de la destructivité? On pourrait même aller jusqu'à entrevoir une connotation morale à cette sublimation, ce qui ne serait pas sans rappeler le triomphe de la raison sur les appétits du corps ou encore la poursuite de « valeurs supérieures ». La recherche de cet idéal (idéal du moi) serait un gain de sécurité psychique en ce sens qu'elle permettrait de surmonter une conflictualité qui assure des gains narcissiques en accord avec l'environnement social. Or le conflit n'est pas uniquement entre les instances de la première ou de la deuxième topique, il est également régulé par le surmoi issu du complexe d'Œdipe, mais aussi entre la sécurité et la liberté psychiques. Ma réflexion porte sur la distinction à établir entre la sublimation et la création. En premier lieu et comme préalable, je dirai que la sublimation est de l'ordre du besoin de sécurité psychique tandis que la création est de l'ordre du besoin de liberté psychique. Non seulement ces besoins mobilisent l'économie psychique, mais, de plus, ils donnent un destin particulier à la relation de l'objet primaire.
À ce sujet, Évelyne Sechaud écrit: « La sublimation n'est qu'une des transformations communes de la pulsion, alors que la création en réalise un destin exceptionnel. »1 Ce destin exceptionnel comporte un aménagement d'éléments