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En raison de la place nécessairement réduite accordée aux « interventions », je devrai me limiter à un exposé trop sommaire des points que j'aurais souhaiter pouvoir discuter - et me résoudre à oblitérer les références aux rapporteurs, qui m'ont pourtant abondamment inspiré.
Situer la sublimation « dès le début », plus encore que repérer une genèse, implique une structuration. Là comme ailleurs, cela se situe par rapport à la pulsion dans ce qu'elle a de premier, voire de biologique; tout est alors fonction de cette énergie « déplaçable et indifférente » qui va venir renforcer, façonner un courant libidinal et, notamment, animer la sublimation: celle-ci n'est pas une pulsion par elle-même mais devient proprement pulsionnelle sous l'effet de cette énergie. Elle ne peut être désexualisée que parce qu'elle est précédée d'une sexualisation (nous verrons de quoi); nous avons là affaire à des processus secondaires, mais qu'en est-il des primaires en ces temps où le moi n'est pas encore séparé du ça, ce « grand réservoir de libido narcissique »?
Repartons d'une notion complémentaire et inverse à celle de sublimation: la régression. Par définition, elle ne peut advenir qu'après une évolution développementale, après une progression. Même si celle-ci est peu traitée en propre, l'idée n'en habite pas moins toute la pensée freudienne, qu'elle porte sur le psychisme individuel ou sur la culture; elle découle de la notion dotant l'appareil psychique d'une direction. Or la sublimation est essentiellement progrédiente, et elle est même sans doute le seul processus à l'être à ce point; c'est bien ce qui la rend si difficile à saisir, étrangère à la régression qui alimente l'essentiel de nos préoccupations (par essence, les deux notions sont quasiment antinomiques).