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Jean-Louis Baldacci a placé son rapport sur la sublimation dans la perspective d'un « dès le début » tout à fait frappant. C'est une vision qui m'est chère1.
Le nouveau-né humain dans sa première année, si tout se passe bien, instaure en effet avec son partenaire parental des échanges, tout à fait asymétriques bien sûr, mais qu'on peut dire sublimatoires en ceci qu'ils dépassent l'érotique du corps à corps pour utiliser des objets transitionnels cocréés. À cette forme première de sublimation prend directement part ce qu'on semble tenir à continuer d'appeler l' « objet » maternel en dépit de l'univocité chosifiante véhiculée par ce terme…
Il me semble pourtant plus adéquat de parler d'un partenaire premier (un Nebenmensch, un « prochain », dit Freud dans son « Esquisse »). Avec celui-ci s'effectue donc très tôt cette cofabrication d'objets partiels extérieurs au corps (du bébé et de la mère). Cela participe bel et bien de la définition de la « solution sublimatoire » en tant que destin pulsionnel - procurant une satisfaction pulsionnelle, mutuelle, partielle et sans décharge sexuelle proprement dite.
Je pense donc important de considérer que la formation des objets transitionnels constitue la forme première habituelle de l'activité sublimatoire. On voit aussitôt que celle-ci ne résulte pas d'un renoncement particulier et encore moins d'un refoulement, mais qu'elle constitue surtout un « destin » pulsionnel ayant l'avantage d'être non seulement d'emblée accessible, dès ce jeune âge, mais de plus apprécié, encouragé, valorisé et partagé par le proto-partenaire parental. On sait la fonction capitale des signes de satisfaction de cet Autre parental réel pour guider et affermir l'expérience naissante du tout petit.