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Extrait de la lettre d'une mère américaine: « Il faut que je te raconte ce que la petite a dit hier. Je ne peux toujours pas m'en remettre. Cousine Emily parlait de se prendre un appartement. L'enfant dit alors: “Si Emily se marie, elle va avoir un bébé.” Je fus très surprise et lui demandai: “Ah bon! D'où sais-tu donc cela? “ Et elle, là-dessus: “Oui, si quelqu'un se marie, il arrive toujours un bébé.” Je répétai: “Mais comment peux-tu savoir cela? “ Et la petite: “Oh! Je sais encore beaucoup de choses. Je sais aussi que les arbres poussent dans la terre…” Et voilà qu'elle poursuit encore: “Je sais aussi que c'est le Bon Dieu qui crée le monde.” Quand elle tient un tel discours, je peux à peine croire qu'elle n'a même pas 4 ans… » La seule hypothèse que nous puissions faire, c'est que l'enfant voulait communiquer une nouvelle part de son savoir sur la provenance des enfants: je sais aussi que tout cela est l'œuvre du père. Mais cette fois elle remplace la pensée directe par la sublimation correspondante, à savoir que c'est le Bon Dieu qui crée le monde.
Cette « association de pensée chez une enfant de 4 ans » est relevée par Sigmund Freud en 1920 entre l'élaboration de « Sur la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine » et « Au-delà du principe de plaisir ».
L'enfant commence avec le mouvement de latence à penser, tout haut, la vie et la mort. Le mouvement de latence est l'âge où, maîtrisant déjà le langage oral, l'enfant transfère dans l'appareil du langage les représentions-choses