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D'entrée de jeu, nous déclarons d'abord notre « inimitié » pour le concept de sublimation, en raison des difficultés que comporte sa connotation théorique et de l'embarras que nous éprouvons à l'utiliser en clinique.
Comme on le sait, Freud a extrait le terme « sublimation » de sa correspondance avec Fliess pour rendre compte du destin de parties inassouvies de la pulsion sexuelle (probablement par rapport au besoin de théoriser leur vécu personnel complexe1). La sublimation prendrait sa force dans la pulsion sexuelle, non seulement déviée de son but et de son objet, mais surtout modifiée dans sa nature. La pulsion « désexualisée » se rend disponible dans le moi pour des investissements « nobles », socialement élevés (art, science, activité intellectuelle au sens large) et constants (affect, tendresse, amitié), en opposition au parcours d'« excitation-acmé-décharge » de la sexualité. Freud n'a jamais bien défini la limite entre la sublimation comme mécanisme névrotique de défense du moi - qui n'est d'ailleurs pas clairement définie par rapport à d'autres mécanismes de défense comme la formation réactive, le déplacement… - et la sublimation comme processus au service de la normalité, de la croissance et de la maturation.
L'importance de la sublimation oscille entre un succédané modeste, un plaisir de substitution, une consolation pour les sacrifices pulsionnels qu'impose la civilisation, et l'expression la plus forte des niveaux les plus élevés du