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Des modifications imposées au processus de sublimation par la vieillesse, je n'effleurerai que quelques aspects, pour l'essentiel concernant les artistes - autrement dit, la sublimation d'exception.
Pour l'inconscient, notre propre mort n'existe pas. Cependant, pour le vieillard - j'entends: au-delà de 75 ans -, il en va comme pour un soldat en temps de guerre: « La mort ne se laisse plus dénier; on est forcé de croire en elle. Les hommes meurent réellement. »1
Freud insiste, dans Malaise dans la culture, sur le rôle protecteur de la sublimation: « une autre technique de défense contre la souffrance se sert des déplacements de libido… La tâche qu'il faut résoudre est de situer ailleurs les buts pulsionnels, de telle sorte qu'ils ne puissent être atteints par le refusement du monde extérieur »; gardons en mémoire que, pour Freud, le corps est un second monde extérieur.
Chez les seniors, soumis au feu roulant des blessures narcissiques et des castrations, la sublimation remplit cet office de défense contre la souffrance de façon privilégiée; en particulier contre un refusement majeur: la vieillesse et la mort. L'affaiblissement des pulsions sexuelles ne mobilise plus les défenses avec autant de force; cet effacement relatif contraste avec l'importance apparemment préservée des pulsions prégénitales, anales en particulier, et de leur composante agressive. Bien qu'atteintes par l'âge, ces dernières conservent leur rôle de premier plan dans le processus sublimatoire.
Le rôle capital des pulsions prégénitales dans la sublimation a été particulièrement mis en évidence par M. Klein et son école, en particulier le désir de réparation de l'objet au cours de la phase dépressive.