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Le rapport de Jean-Louis Baldacci soulignait que la sublimation « dès le début » est un transfert sur la parole du sexuel infantile. La voie sublimatoire s'y trouve donc constituée par les trois pôles, reliés entre eux, de la situation d'interlocution: parler (pôle de l'émetteur) quelque chose d'articulé (message), adressé à quelqu'un (destinataire).
Dans l'œuvre sublimatoire, courante ou d'exception, ces trois pôles se retrouvent: production / mise en forme / adresse ou appel à un public.
Or ces pôles éclairent ce qui est en jeu dans les difficultés du passage à la sublimation.
Le premier pôle implique une dialectique entre ce qui en soi veut se dire ou se montrer et la possibilité de le reconnaître comme sien. Une dialectique entre ce qui tend à prendre forme et la possibilité de dire: je parle; je crée.
Pour certains patients, la peur de dire sa propre parole, le moment de son émergence produisent des rêves de sortie d'emmurement, de tremblement de terre, d'angoisses de précipitation dans l'abîme. Sublimer suppose, à l'encontre des faux-selfs, de supporter de laisser advenir sa singularité.
Le deuxième pôle est celui de l'articulation, de la mise en forme. Courante ou d'exception, si elle naît de la singularité d'une histoire, elle est troublante, car elle est toujours figure de soi extériorisée dans ce qui n'est plus soi. La réalisation effective déplace et transforme, en un appel à la reconnaissance, ce que l'on croyait et de soi et du monde. Deuxième risque, qui s'étaie sur le travail de culture déjà là tout en le subvertissant toujours.
Le troisième pôle est l'adresse à l'autre qui, dans la voie sublimatoire, tend à dépasser les premiers mouvements vers l'autre parental et/ou vers le double, pour devenir adresse à un tiers généralisé, inconnu –un public. Prendre le risque de livrer quelque chose de soi à une altérité inassignable.