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Le processus analytique, objet de réflexion du précédent congrès, est en lui-même un processus de sublimation, souligne J.-L. Baldacci. En effet, le patient fait passer tout ce qu'il pense et ressent par la parole, renonce à tout contact physique en dehors de la poignée de main symbolique avec son analyste, renonce à tout contact en dehors du cabinet de l'analyste, etc. Dans la pratique rigoureuse qui est la nôtre, l'analyste est un objet perdu d'avance: tout dans l'analyse doit être sublimé. Dès lors, à trop nous préoccuper de la sublimation, ne risquons-nous pas d'alimenter le refus d'accueillir les « viles » souffrances de chair de nos patients? Les résistances à l'analyse se situent aussi du côté du psychanalyste!
Je suis en effet frappé par le nombre de patients dont je suis le second ou troisième psychanalyste et qui finissent par dire ce qu'ils n'ont encore jamais pu dire à leurs précédents analystes: à chaque fois, cela concerne le corps et la sexualité! Marie-Jeanne, par exemple, n'avait jamais pu parler à son précédent analyste d'attouchements sexuels réguliers, déterminants dans la genèse de sa frigidité et le trouble de son identité sexuée1. Quand elle avait abordé le problème avec son précédent analyste, une collègue pourtant respectée et chevronnée, celle-ci « n'avait pas réagi ». Marie-Jeanne en avait conclu qu'elle devait se taire: elle n'en parlera plus! À quoi sommes-nous donc sourds, à quoi suis-je donc sourd moi-même? Sinon à ce qui précisément menacerait fantasmatiquement