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Bertha, fille de Sigmund Pappenheim et de son épouse, secret professionnel oblige, va devenir célèbre sous le nom d'Anna O., ses initiales régressant d'un cran.
À la fin de son traitement par Joseph Breuer qui pense pouvoir s'en aller satisfait, Anna simule une grossesse, accouche et s'écrie: « C'est l'enfant du Dr Breuer qui arrive! » Enfant du miracle. Pour Joseph, père incestueux de sa patiente de fille, apprenti sorcier sans le vouloir, c'est son monde, sa réputation, son honneur qui risquent de s'effondrer. Il prend la poudre d'escampette.
Anna, c'est Mlle Œdipe: elle quitte son père Sigmund et sa mère qui l'aiment, à la recherche de parents royaux, Joseph et Mathilde. Elle ignore Mathilde, obstacle sur le chemin de son désir. Elle fait un enfant à Joseph qui, moins inconscient que Jocaste, préfère s'éclipser.
Sigmund Freud, ami et collègue respectueux de Joseph son aîné, s'interroge, observe, réfléchit. L'histoire est complexe et passionnante. Et les prénoms se révèlent pleins d'intérêt: Sigmund (le nôtre) est l'aîné de sept frères et sœurs, dont Julius, le second, meurt à 6 mois alors qu'il a 2 ans et Anna la troisième vient au monde six mois plus tard. Sigmund aura de son épouse Martha cinq enfants dont la première se nomme Mathilde, même prénom que Mathilde l'épouse de Joseph B., et la dernière, Anna, l'analyste, sa fille préférée, même prénom que Anna O., alias Bertha, fille de Sigmund P. Bertha soignée par Joseph B., lui-même fils de Bertha B. qui meurt en accouchant d'un petit frère lorsqu'il a 4 ans, et père de Bertha B. laquelle, en épousant un certain