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Un premier acte manqué dans la cure peut être l'occasion d'un travail psychique créatif et constituer une modalité de passage par transformation d'une économie à prédominance narcissique à une économie œdipienne par le biais de sa source corporelle. Dans un contexte économique et dynamique critique, il surgit en dérivation du processus associatif qu'il semble « traduire en acte » (Freud, 1914). Il représenterait la « préforme » clivée d'un fantasme arrêté dans son développement et témoignerait d'un avatar dans la constitution de la « matrice originelle du fantasme » (Perron-Borelli, 1997). Sa reconnaissance et l'intégration de son sens inconscient dans le transfert par le travail en aprèscoup ne sont pas sans réactiver des traces précoces qui réactualisent le traumatisme. L'orientation de la technique analytique sur la « représentation d'action », en tant que soubassement corporel du fantasme, peut s'avérer opérante pour susciter la reprise du développement du fantasme et étayer son intégration dans la configuration œdipienne. En effet, la défense par dérivation, mise au service de la cure, révèle la potentialité fantasmatique de l'acte manqué et lui confère un statut de formation intermédiaire. Avant de donner un exemple clinique d'une telle occurrence et de mettre en perspective la valeur de formation intermédiaire de l'acte manqué, je voudrais m'arrêter un instant sur l'acte manqué dans l'œuvre de Freud.
La Psychopathologie de la vie quotidienne (Freud, 1904) représente l'ouvrage princeps de la théorisation de l'acte manqué en tant qu'expédient (p. 289)