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L'analyse « cure de parole » se fonde, en effet, sur l'échange de paroles. La règle fondamentale pour l'analysant instaure le primat du langage dans l'espace analytique. L'analyste, soumis à la règle d'abstinence, est à l'écoute du discours de l'analysant. Il dispose d'un outil, langagier lui aussi : l'interprétation. La qualité interprétante de l'analyste constitue l'agent transformationnel essentiel au sein du « travail analytique ». Fidèles à Freud, Laplanche et Pontalis définissent l'interprétation comme porteuse du sens « dégagé par l'investigation analytique » puis « communiqué au sujet », visant ainsi à le faire accéder au sens latent.
Qu'en est-il aujourd'hui d'une définition de l'interprétation ? Mon intention n'est évidemment pas d'entreprendre une recherche systématique, encore moins exhaustive, sur l'interprétation. Il importe, néanmoins, de souligner combien la notion d'interprétation mériterait d'être revisitée à la lumière de l'évolution des considérations théorico-techniques sur la « situation analysante ». Le « rendre conscient l'inconscient » représentatif de la première topique garde sans doute sa pertinence et reste le garant de la spécificité de la psychanalyse, l'exploration de l'inconscient. Cependant, la portée des interventions parlées de l'analyste s'est considérablement élargie avec la conceptualisation d'un « travail analytique » au sein duquel l'analyste devient le protagoniste d'un processus créateur dont il espère l' « appropriation subjectivante » par l'analysant. L'échange parlé a pour visée un gain de symbolisation secondaire certes mais également primaire : les mots de l'analyste traduisent alors sa capacité de rêver l'analysant, contribuant ainsi au « remaillage » de la trame psychique. S'agit-il encore d'interprétation ? Pour ma part, j'estime que toute intervention parlée de l'analyste contribue à la recherche d'un sens inconscient, fût-il encore non