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« Je ne suis en effet devenu dur que par lamelles. Si l'on savait comme je suis resté moelleux au fond ! »
Pour le « profane bien élevé » cher à Freud, il existe certainement une théorie freudienne de la criminalité psychopathique. Or, à part deux brefs articles : « Le criminel par sentiment de culpabilité » (1916) et « Personnages psychopathiques à la scène » publié après sa mort (1942), Freud n'a rien écrit sur la délinquance et la psychopathie. Sans doute faut-il y voir la conséquence de son attitude personnelle car il nourrissait une véritable aversion pour ceux qui transgressent les lois de la société. Certes, Abraham publiera en 1925 un cas exemplaire d'escroc de haut vol, le chevalier d'industrie, et Aicchorn, qui fut le pionnier de l'utilisation de la théorie analytique comme outil de rééducation des adolescents difficiles, obtiendra de Freud une préface pour son ouvrage Verwarloste Jugend. Green, en 19901, ne peut que constater le désintérêt des analystes en général pour ces mauvais sujets, et de conclure « qu'avec eux notre bagage est assez limité ». Mais force nous est de constater qu'aujourd'hui l'acte tend à se substituer à la parole de plus en plus souvent, donnant ainsi raison à Goethe et au Freud de Totem et tabou.
Les OEPs, Organisations à expression psychopathique, selon l'heureuse formulation du regretté Hubert Flavigny2, sont des sujets d' « élite » pour étudier la genèse et la nature des agirs violents. Aussi, après avoir brièvement résumé ce qui caractérise le psychopathe, j'essaierai de préciser la nature de ses agirs avant de proposer une approche thérapeutique qui intègre la nécessité pour