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L'acte pédophile semble, parmi les violences sexuelles, le plus réprouvé mais aussi le plus fréquent1 ; ainsi, le pédophile est, dans notre monde contemporain, une figure emblématique du mal. Nos industries médiatiques se sont emparées de cette effigie et l'ont hissée au rang de quasi-héros. La presse, et plus largement les médias, participent grandement à ce phénomène et l'entretiennent en générant, parfois jusqu'à la nausée (Fotorino, 2004), des images et des identités de pédophiles monstrueux, ces prédateurs, dont le récent procès d'Outreau nous a montré les outrances et les errances et celui d'Angers les dangers et les horreurs si proches de nous. Enfin, il faut dire quelques mots des résonances sociales qu'ont les crimes pédophiles et leurs auteurs, allant jusqu'à l'émoi d'un pays : il s'agit, bien sûr, de la Belgique avec l'affaire Dutroux2, après quelques autres. On y appréhende l'émergence d'une morale compassionnelle (Salas, 1997), traduite dans la Marche blanche puis dans les Comités blancs qui verront le jour dans le même mouvement.
Quels sont, à l'échelle du sujet, les ressorts psychiques de l'acte pédophile ? D'où tire-t-il, à l'échelle sociale, son pouvoir d'attraction ? Quelles conséquences thérapeutiques en déduire ? C'est ce que cet article se propose d'explorer.