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« Avec l'argile, on forme un vase, mais seul son vide (néant) intérieur fait son usage. »
À l'origine, la « préparation anatomique » (Freud) est la peau de ce qui deviendra le moi. L'ectoderme embryonnaire est une zone frontière qui sépare l'intérieur de l'extérieur et s'incurve en formant un tube neural qui s'épanouit en cerveau et, de surface, devient épaisseur. On peut considérer cette intériorisation du système nerveux central comme l'esquisse du parcours psychique de l'expérience du dehors vers celle du dedans. Cette paléogenèse organique du moi, avec ses deux « mouvements de croissance » (Blechschmidt, 1960, p. 228), de délimitation et d'inclusion, préfigure les fonctions à venir du moi, même si le chemin de l'éclosion de la dimension psychique, que nous nommons monde intérieur, est prolongé et différé. Dans les mouvements de croissance psychique du moi, nous retrouvons la dialectique de la délimitation et de l'inclusion : d'une part, le refus, le containment, l'interdiction et le tabou ; de l'autre, la satisfaction et la prise en charge. De cet inter-jeu (va-et-vient) d'inclusion et d'exclusion, le moi ne se départira plus jamais, sauf en cas d'aliénation ou d'effondrement psychotique. L'hominisation individuelle est l'histoire de l'éclosion de l'espace intérieur à partir des surfaces et des indifférenciations sensorielles, ce qui ne réussit