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Rassemblant plusieurs articles remodelés et complétés d'inédits, ce livre traite de l'identification et de la transmission intergénérationnelle, dans la suite de l'ouvrage publié en 1981, Les visiteurs du moi. Il repose sur des thèses fortes comme l'importance du préconscient, la prévalence de la prise en considération des fantasmes, l'existence de fantasmes d'identification inconscients, la relativité des secrets de famille. L'identité y est conçue comme un ensemble de fragments en mouvements que lie entre eux un facteur impossible à isoler, tandis qu'un « tiers transmetteur » permet une transmission généalogique intergénérationnelle. L'ensemble est au service d'une conception vivante, souple et dynamique de l'identité comme de la transmission, à l'encontre des tendances à durcir ou immobiliser les idées dans une réification défensive : l'inconscient comme le Moi sont des commodités de langage, mais ce qui importe c'est la description la plus fine possible des processus psychiques, toujours complexes.
L'auteur fut en France parmi les premiers, avec Nicolas Abraham et Maria Torok, il y a plus de trente ans, à s'intéresser à des phénomènes cliniques qu'il nomma fantasmes d'identification et « visiteurs du moi » tandis qu'eux les caractérisaient comme « crypte » psychique ou fantôme. Bien d'autres dont Haydée Faimberg, Serge Tisseron, Claude Nachin ou Didier Dumas les ont rejoints depuis, permettant le déploiement de recherches multiples sur la préhistoire psychique et les transmissions généalogiques. L'accent mis sur les secrets de famille, le rôle des grands-parents, le jeu subtil des identifications au sein d'une famille est aujourd'hui un moteur pour la pensée qui est un bien commun des analystes et de nombre d'analysants.