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Le projet de l'épître de Guy Laval est de nous amener à réfléchir en psychanalystes à la question profondément angoissante et, somme toute, peu abordée dans le champ de la psychanalyse « appliquée » : qu'est-ce qui a pu transformer des Allemands, citoyens ordinaires, en bourreaux participant à l'extermination de 10 millions de civils dont 6 millions de Juifs ?
Livre difficile à lire, par la gravité du thème, donc, mais aussi par la quantité des idées, références et portes d'entrée proposées par l'auteur : la psychanalyse, l'histoire, l'épistémologie, la sociologie, la philosophie, la politique nourrissent la réflexion d'un auteur qui nous met en garde contre la psychanalyse « solipsiste ». C'est un livre qui fourmille d'idées. Livre difficile aussi par la multiplicité de ses objectifs et de ses thèses : c'est à la fois un essai de méthodologie, une somme de controverses, une réflexion sur la technique psychanalytique à partir de vignettes cliniques et un plaidoyer pour une morale fondée sur la Raison. Le lecteur doit fournir un certain effort : les lignes qui suivent ont pour but de dégager seulement quelques-uns des axes de réflexion possibles.
D'abord et avant tout clinicienne, mais aussi engagée dans une recherche personnelle et groupale sur les phénomènes de terreur collective, j'espère ouvrir un débat par le compte rendu de ma lecture de ce livre. C'est d'ailleurs ce que G. Laval souhaite : la discussion !