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Les psychanalystes qui s'intéressent à la psychose travaillent très souvent en institution, où ils mettent en commun leurs connaissances cliniques et théoriques au service de l'entendement de ces manifestations violentes, extravagantes ou délirantes, qui échappent aux registres tempérés. Le Centre de psychothérapie et de psychanalyse fut créé à l'initiative de René Angelergues et de Jean et Évelyne Kestemberg, pour offrir aux patients psychotiques une nouvelle aire de compréhension et de travail thérapeutique. La psychose, désignée comme énigme, devient un champ d'explorations et de recherches psychanalytiques où l'implication transféro-contre-transférentielle demeure l'un des outils majeurs.
Les rédacteurs de la revue, Liliane Abensour et Antoine Nastasi, introduisent ce numéro avec « États et phénomènes intermédiaires ». C'est le rapport à la réalité et ce qu'il en est de l'épreuve de réalité qui différencient tous ces états, du rêve au délire hallucinatoire. À propos de l‘Amentia, Freud parle de « psychose hallucinatoire de délire », et plus tard, dans l‘Abrégé en 1938, il compare le rêve à « une psychose de courte durée », avec ses extravagances, ses formations délirantes et ses méprises sensorielles. Mais le rêve et le délire sont-ils tous les deux l'expression d'un désir refoulé ? Pour les auteurs, les processus à l'œuvre dans l'onirisme et l'hallucination semblent davantage des tentatives de ressaisissement du Moi menacé par l'objet, au contraire des rêves qui s'inscrivent dans un processus élaboratif.