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Le Chili est un long pays. Il baigne ses orteils dans les glaces de l'Antarctique et sa tête brûle dans la fournaise aride des tropiques, son ventre est caressé par la brise de la mer et il gratte son dos contre la Cordillère des Andes qui se dresse majestueuse comme une armée de titans pétrifiés devant la beauté de l'océan.
La Société psychanalytique chilienne fut fondée en 1949 et elle fut acceptée la même année par l'IPA. Elle est née sous l'impulsion du Pr Matte Blanco, associée étroitement à la chaire de psychiatrie de l'Université du Chili dont ce dernier était titulaire et qui, après avoir fait sa formation et son analyse didactique à Londres (1933-1940) et après un passage dans le Hopkins Hospital et la Duke University, est retourné au Chili et a organisé le groupe psychanalytique. L'œuvre significative de ce « père » de la psychanalyse chilienne (auteur, entre autres, de Thinking, Feeling and Being, London, Rutledge) est malheureusement très peu connue dans notre milieu. Récemment, notre collègue Michel Sanchez Cardenas a fait référence à ses idées dans son livre Voyage au centre de la terre mère, publié par Albin Michel1.
La Société chilienne a connu, depuis sa fondation, une histoire mouvementée émaillée par des scissions et l'exil de membres prestigieux au fil des graves événements politiques qui ont bouleversé l'histoire de ce pays, comme Otto Kernberg, Paulina Fisher, Ruth Riresemberg, Ramon Ganzarain, etc., et compte actuellement 80 membres et 45 candidats. Elle a toujours gardé des liens importants avec l'Université, tout en restant indépendante dans son fonctionnement interne et la formation des candidats. La Revue chilienne de psychanalyse, avec ses deux parutions annuelles, existe depuis 1979. Bien que non thématique, on peut trouver une certaine cohérence dans le choix des articles d'analystes chiliens aussi bien qu'étrangers. Les travaux des auteurs français de la SPP intéressent toujours les collègues chiliens, qui ont publié récemment dans les p