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« Nous nous abusons nous-même si nous pensons que nous échappons au contre-transfert. »
Pourrait-on dire que le contre-transfert est le reflet du patient dans l'âme du psychanalyste ? Le rôle de miroir du psychanalyste est en tout cas en cause dans la question du contre-transfert et ce qu'il réfléchit du patient, grandement dépendant de la couleur de son tain1.
En tout état de cause la prise en compte du contre-transfert est devenue, avec le temps, l'élément central de la conduite de la cure psychanalytique, au point de constituer actuellement ce qui différencie la pratique psychanalytique traditionnelle – celle qui s'inscrit sans rupture dans la continuité de la pratique développée à partir de celle de Freud – et les formes d' « analyses » qui s'en éloignent au point de constituer des pratiques si différentes que le terme de « psychanalyse » ne peut plus guère s'appliquer à leur sujet. Cela a été autrefois le cas du jungisme et c'est aujourd'hui celui de nombreuses pratiques qui se réclament de la psychanalyse mais en diffèrent autant que « la craie du fromage » – pour reprendre ici l'expression de Glover.
Dans « La direction de la cure et les principes de son pouvoir », publié en 1961, Lacan souligne, dès le premier paragraphe, ce qu'il appelle l' « impropriété conceptuelle » de la notion de contre-transfert, balayant d'un revers de main toute influence de la personne de l'analyste. Tout son article se déroulera sous le signe d'une démonstration de l'indépendance du déroulement de l'analyse par rapport au psychisme de l'analyste. C'est pourquoi rien ne l'irrite plus que le propos de Sacha Nacht selon lequel « ce n'est pas tant ce que