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« Imaginons deux phares tournant en sens inverse et dont les feux se coupent périodiquement. C'est lorsque transfert et contre-transfert s'entrecroisent, écrit S. Viderman, que se situent les moments de la plus grande brillance. Moments privilégiés où fulgure la vérité de l'interprétation. »1
Avant d'aborder ce moment privilégié d'entrecroisement transféro-contre-transférentiel par un exemple clinique, qui se trouve être au départ de ma réflexion, soulignons combien, dans sa richesse, l'image proposée par S. Viderman, prend en compte ce temps de recherche, dans la continuité des séances et de leur « révélé », pendant lequel, de leurs rayons, les phares fouillent l'obscurité. Cette part d'ombre du travail analytique, qui non seulement enveloppe le patient, mais qui habite aussi l'analyste. Si le patient garde, par-devers lui, des pans non dits de ses éprouvés dont l'épaisseur, ou l'opacité, tend progressivement à se réduire, l'analyste de son côté, sollicité par les dires du patient, reste dans une zone qui n'est pas exempte de sa part obscure, une part faite d'affects et de représentations, mais aussi de sensations, à travers tout ce qui ne se dit pas, comme à travers ce qui se dit.
La part d'ombre de l'analyste ? Elle serait ce que l'on attribue au contre-transfert, sans bien en préciser la teneur puisque, dans son ambiguïté, la préposition « contre » recouvre aussi bien un effet de proximité que d'opposition. Ainsi, le sens double de « contre » présente le double danger qui guette l'analyste, des réactions d'hostilité ou des désirs de rapprochement, longtemps considérés, dans un cas comme dans l'autre, comme néfastes à la bonne marche du processus analytique. Des effets dont il convient de se méfier, avant qu'ils ne