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« Nous sommes devenus attentifs au « contre-transfert » qui s'installe chez le médecin de par l'influence du patient sur la sensibilité inconsciente du médecin et nous ne sommes pas loin d'avancer l'exigence que le médecin doive obligatoirement reconnaître en lui-même et maîtriser ce contre-transfert. »
La reconnaissance et la maîtrise du contre-transfert réfèrent à un travail d'élaboration psychique chez l'analyste. Il s'agit d'un travail de liaisondéliaison-reliaison qui laisse se déployer le contre-transfert dans l'activité représentative. En effet, « l'influence du patient sur la sensibilité inconsciente » de l'analyste est une source de représentations en rapport avec le fonctionnement psychique inconscient du patient. L'activité représentative de l'analyste répond au sens du contre-transfert – Gegenübertragung – comme vis-à-vis du transfert. Elle permet à l'analyste de se dégager suffisamment du transfert pour préserver la liberté de sa pensée associative : « Ce n'est qu'alors qu'on est soi-même libre » (Freud, 1913, p. 317). Ce dégagement confronte le patient à la désillusion de la trouvaille de l'objet à l'extérieur de lui mais il lui permet aussi de découvrir la liberté. L'autre sens de gegen – dans Gegenübertragung – signifie aussi appui pour le transfert. Comment la maîtrise du contre-transfert constitue-t-elle un vis-à-vis qui s'offre en appui au transfert, en butée organisatrice de la psyché, d'où se dégagent les figures de la pliure ? J'examinerai cette question en partant d'une consultation thérapeutique (Winnicott, 1971) auprès d'une adolescente. Je me référerai au préalable à quelques repérages théoriques et, lors du commentaire de la clinique, je m'appuierai sur les travaux de Pasche.