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S'insérer dans un ensemble de textes sur le contre-transfert en adoptant un point de vue, un vertex si particulier que celui du psychodrame psychanalytique individuel ne peut être que problématique. Où commence et où finit le partiel, comment faire référence, comment éviter les redondances avec des textes que l'on n'a pas lus ? Et surtout, comment faire sentir la valeur exemplaire des effets et du maniement du contre-transfert dans une telle situation ?
Le contre-transfert au cours d'un psychodrame psychanalytique individuel (que, pour se soumettre à la vogue des sigles anglais, on pourrait appeler pour faire court IPP) a à la fois une place importante et révélatrice, et ne se différencie pas fondamentalement du contre-transfert dans la cure, voire du contre-transfert compris comme un phénomène psychique quasi universel, dès lors qu'une relation psycho-affective inégalitaire s'établit.
Pour réfléchir sur le contre-transfert qui se manifeste dans un groupe psychodramatique, de IPP (un groupe composé de psychodramatistes et d'un seul patient), il faut « marcher sur deux jambes », ou, comme le disait W. R. Bion, accepter une « vision binoculaire ». C'est cette proximité, cette bifocalité qui a rendu, et qui rend encore l'analyse du contre-transfert si difficile, si délicate. Si le contre-transfert évoque des mécanisme de résistance, c'est d'abord des mécanismes de résistance au contre-transfert lui-même, à sa prise de conscience, à sa prise en conscience. On pourrait se référer à Pierre Dac : « Je suis pour tout ce qui est contre (transfert), et contre (transfère sur) tout ce qui est pour. »
Comment un psychanalyste peut-il réfléchir à son propre contre-transfert, comment réfléchir sur soi-même hors d'une psychologie de la conscience, voilà bien un vaste et vieux problème insoluble… ou mal posé.