You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Lorsque nous regardons un tableau, nous sommes récepteurs d'une œuvre d'art. Lorsque nous écoutons un patient, nous sommes récepteurs d'une parole. Dans le premier cas, nous recevons la mise en figuration par un artiste de contenus psychiques qui, de non symbolisés, ont été transformés en une matière symbolique communicable et partageable et ayant, en principe, une valeur esthétique. Par là même, nous recevons aussi les processus de créativité qui ont été mis en action pour produire cette œuvre, tout comme dans le modèle bionien l'enfant ré-introjecte non seulement les éléments α désintoxiqués et transformés, mais la fonction α elle-même.
Dans le deuxième cas, des contenus psychiques, paroles mais aussi communications non verbales, s'exprimant dans une relation transférentielle, sont reçus par un analyste, prêt à recevoir les projections et à les soumettre à son activité psychique transformationnelle.
Je voudrais articuler ces deux formes de réception créatrice, en faisant l'hypothèse qu'il s'agit de deux modalités de l'exercice du contre-transfert.
L'évolution de la psychanalyse a été profondément marquée par l'émergence, puis l'approfondissement et l'extension du travail contre-transférentiel. On connaît les étapes de cette évolution que je ne ferai qu'esquisser pour mémoire. À partir de « Constructions en analyse » (Freud, 1937), l'accent se