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À chaque fois que traumatisme et conflit sont opposés l'un à l'autre, la discussion se polarise rapidement, et tout aussi tôt apparaît le fantôme du changement de paradigme dans la psychanalyse. Il faut donc d'abord se demander dans quelles mesures la psychologie du trauma et celle du conflit sont comprises comme contraires :
1 / On comprend le trauma comme une catastrophe survenant de l'extérieur, tandis que le conflit désigne une lutte in foro interno d'obligations, d'interdictions et de désirs pulsionnels contradictoires.
2 / Cette mise en contraste du trauma et du conflit provient de postulats ayant trait à la petite enfance, liés en même temps à des attributions de culpabilité. Les théoriciens du trauma reprochent à ceux du conflit d'ignorer la réalité extérieure et en particulier violence et destructivité dans les relations humaines et leur importance dans la genèse des maladies psychiques, et de déplacer toute faute sur l'individu. À l'inverse, les théoriciens du conflit reprochent à ceux du trauma de surestimer les facteurs extérieurs de stress, d'abandonner ainsi l'essentiel de la métapsychologie psychanalytique, soit l'efficacité des fantasmes inconscients et avec cela la théorie des pulsions, et de les remplacer par une psychologie du stress.
3 / Depuis Ferenczi, la discussion concernant trauma et conflit porte aussi sur les conséquences thérapeutiques qu'ont les deux conceptions : les traumatismes se surmonteraient plutôt dans un comportement « maternel » de soin et protection, ou par lesdites expériences émotionnelles corrigeantes, tandis que les conflits se résoudraient plutôt à l'aide d'une élucidation pour ainsi dire « paternelle », en interprétant et en rendant conscient.