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Cet ouvrage de plus de 800 pages comporte 75 articles, dont plus des deux tiers sont des traductions de textes en anglais, souvent anciens et connus. Catherine Meyer, normalienne, a dirigé l'ensemble présentant la psychanalyse comme « une supercherie et une escroquerie » soit successivement sa face cachée, son pouvoir occulte, ses impasses, ses victimes, et « la vie après Freud », c'est-à-dire essentiellement les thérapies comportementales et cognitives (TCC).
La première réaction des psychanalystes et des commentateurs de bonne foi est que ce serait faire bien des honneurs à cette encyclopédie de la mauvaise humeur et de la mauvaise foi dans l'hostilité à la psychanalyse que d'en faire une recension détaillée. À la réflexion, on se dit que l'accumulation de toutes les critiques déjà faites à la psychanalyse pourrait constituer en elle-même un corpus instructif. Mais le plus souvent, il s'agit de critiques ressassées depuis l'origine de la psychanalyse, sans méthode, sans argumentation, au mépris de toute rigueur scientifique et de toute objectivité. La psychanalyse est réduite au petit côté du « freudisme » des origines, à ses échecs, à des critiques ad hominem, à sa vulgarisation dans les médias il y a quelques décennies. L'allure de pamphlet est accentuée par la présentation des chapitres successifs probablement pour donner un dénominateur commun à des positions très différentes et parfois incompatibles, celui du dénigrement et de la disqualification de la psychanalyse par tous les moyens.
Il est évident que ce livre noir ne s'adresse pas aux spécialistes, mais à un vaste public supposé manipulé par le pouvoir occulte des psychanalystes. D'où l'allure de dénonciation d'un complot. C'est dans l'air du temps avec l'Opus