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Cette revue canadienne domiciliée à Montréal se situe comme « lieu biannuel d'échange pour les psychothérapeutes œuvrant dans les différents milieux du champ clinique ». Écrit et préparé par des cliniciens du Québec et d'ailleurs, ce périodique « d'orientation psychanalytique » se veut aussi ouvert aux autres approches théoriques. Un sous-titre précise ainsi la vocation de cette publication : « Écoutes psychothérapiques ». D'un format agréable, et mesuré quant au nombre des contributions formant un numéro, cette revue suscite l'intérêt de par sa volonté de fonctionner de manière éclectique, et par la façon dont les textes sont sélectionnés : « Chaque article est soumis anonymement à deux membres du jury de pairs, avant d'être étudié par le comité de rédaction qui se réserve toute décision sur le choix des textes à être publiés. »
Ces deux numéros de 2004 proposent des contributions orientées autour d'un thème commun « Les voies du contre-transfert », et chacun un portrait d'une personnalité marquante.
Jean Guillaumin fait l'ouverture du premier numéro, avec un texte qui propose une réflexion très personnelle sur le dispositif analytique, le transfert et le contre-transfert, s'opposant à certaines idées répandues et labellisées, comme par exemple celle concernant la notion de prétransfert. « L'incertitude résiduelle de cette étrange situation sollicite une différenciation qui revient à donner en quelque sorte la parole à la part d'inconnu et d'indétermination qu'engendrent le dispositif et les règles analytiques entre les deux appareils psychiques impliqués. » C'est le « tiers inconnu » qui constitue la « médiation langagière », car : « Là où il y a accord parfait entre deux, manque un trois qui, dès l'origine, est l'organisateur virtuel de leur différence et de leur systématisation possible. Sans la reconnaissance souvent difficile de ce tiers, qui naîtra peu à peu de son propre manque, la séparation, puis la mise en lien de l'un et l'autre sujets serait impossible, e