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Dans « L'innocence de la Marquise »1, Jean Cournut posait à propos de l'après-coup une suite de questions : « Qui l'énonce ? Qui le reconnaît ? Qui le refuse ? Qui le raconte ? » À travers l'enchaînement de ces questions, ne faisait-il pas surgir le problème des relations entre le phénomène de l'après-coup et les conditions de son investigation ? Plus profondément, entre son objectivation et les effets de subjectivation qui en sont l'enjeu le plus essentiel ?
Je m'attacherai ici au repérage de quelques-uns des aspects significatifs de cette saisie de l'après-coup : il s'agira notamment de montrer comment, isolé et décrit comme un phénomène en soi, dûment objectivé, l'après-coup en vient à s'inscrire dans le processus même de la séance, l'accent passant ainsi de son observation à son effectuation.
À l'origine, Freud présente l'après-coup comme un phénomène qui a eu lieu, qui s'est produit dans la psyché en fonction d'un processus intrapsychique obscur.
L'après-coup est donc décrit à titre rétrospectif, et théoriquement, puisqu'il est inféré à partir d'une démarche d'investigation qui a procédé de manière régrédiente pour relier un temps t2 – celui de la manifestation symptomatique – à un temps t1 – celui d'une scène remémorée.
Sur le plan méthodologique, la comparaison peut être faite avec l'approche du rêve ; celle-ci repose explicitement sur la dualité pratique de l'interprétation/théorie du travail du rêve. Il s'agit de deux démarches distinctes, complémentaires et en un sens symétriques, antagonistes. La pratique de l'interprétation