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La psyché peut-elle se remettre des brûlures causées par un trauma ? Comment sort-elle de la compulsion de répétition que le trauma déclenche en elle ? C'est évidemment toute la question. En un sens, le concept d'après-coup propose une réponse : le sujet traumatisé sort de la compulsion de répétition si une seconde scène comparable (mais non identique) au trauma lui advient et qu'il parvient à s'en saisir pour tisser des liens entre les deux. Grâce à la seconde expérience, il change la valeur de l'inscription traumatique initiale et en trouve alors un usage psychique. La circulation pulsionnelle est rétablie entre toutes ses traces mnésiques. L'après-coup fournirait ainsi un moyen de ramener sous la dépendance du principe de plaisir des expériences traumatiques comparables à celles qui servent de fondement à la réflexion d'après 1920. Il permettrait de restaurer la trame des représentations inconscientes d'un sujet, et fournirait ainsi un biais pour faire repasser l'impensable régi par la compulsion de répétition sous la férule du principe de plaisir. C'est du moins la version optimiste que l'on peut se faire du concept. Car, à y regarder de près, les choses ne sont pas aussi simples. Mais, pour fixer les idées, repartons du cas Emma qui sert d'illustration première à l'après-coup.
1 / Emma subit à 8 ans les attouchements d'un adulte, un épicier ; faute d'être pubère, elle ne comprend pas l'excitation qu'elle ressent. Pour le Freud de 1895, cet événement constitue seulement un « souvenir refoulé ». Il constitue
une source d'excitation trop forte et incompréhensible pour l'enfant qui n'est pas encore pubère. Les traces qu'il laisse en mémoire dès lors sont soustraites au principe de plaisir et soumises à la compulsion de répétition.
2 / À 13 ans, devenue pubère, Emma entre dans une boutique. Deux vendeurs s'esclaffent. Cette seconde scène, face à laquelle elle est à nouveau passive, constitue une sorte de trauma atténué. Il va toute