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« À M… ville importante de la Haute Italie, la Marquise d'O…, une dame veuve d'excellente réputation, mère de plusieurs enfants parfaitement élevés, fit connaître par la voix de la gazette que, sans s'expliquer comment, elle se trouvait enceinte, que le père devait se présenter pour reconnaître l'enfant qu'elle mettrait au monde et que, pour des considérations de famille, elle était résolue à l'épouser. »
Ainsi démarre cette nouvelle de Kleist, que Jean Cournut avait choisie pour introduire un texte sur l'après-coup.
Après-coup, pour moi, de relire Kleist, et d'en proposer ma lecture d'un fantasme féminin, délicieusement caché dans l'écrin de la nouvelle.
Il est donc question d'une Marquise, veuve et mère de deux enfants, qui se trouve, lors d'une invasion brutale de soldats ennemis dans la forteresse que dirige son père, sauvée in extremis des assauts de la soldatesque par un chevaleresque Comte russe faisant partie des forces victorieuses. Après s'être évanouie, la Marquise est, au réveil, pleine de reconnaissance pour son sauveur, mais celui-ci est reparti au combat, sans la revoir.
On apprendra même sa mort… avant de le voir revenir, quelque temps plus tard – il n'avait été que grièvement blessé –, passionnément épris de la Marquise, et demandant sa main… Étrangement, il demande même à ce que le mariage se décide et se contracte sur-le-champ… Surprise de la famille, la Marquise comprise, et, sur la vague promesse que celle-ci ne se liera à personne d'autre avant son retour, le Comte quitte la place.