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« L'espace est un placement… une distribution, donc un espacement des places avant d'être une distance (…). Il tient dans la poussée de la séparation grâce à laquelle ça se distingue, et ça distingue ceci de cela. »
Le Congrès des psychanalystes de langue française de mai 2002 à Bruxelles a amorcé un important débat sur la pulsion dite de mort. Le rapport de Denys Ribas (2002) s'étant centré sur « l'intrication et la désintrication pulsionnelle », Paul Denis (2002) y opposa son point de vue dans le cadre d'une discussion avec notre regretté Benno Rosenberg (dont le propos n'a malheureusement pu être publié). Il me semble aujourd'hui capital de relancer ce débat crucial, puisqu'il vise à mieux définir la dynamique que l'on suppose à l'œuvre dans ce qui s'impose comme objectif central de notre pratique de psychanalyste : le processus de subjectivation.
Je partage beaucoup des remarques faites par Paul Denis sur ce qu'il appelle « les inconvénients » du dualisme pulsionnel, tel que Freud en est venu à l'envisager à partir de 1920. Mais force est de constater qu'à partir de critiques communes nous parvenons, lui et moi, à des conceptions fort différentes du réajustement théorique nécessaire.
Je pense d'abord comme lui qu'il nous faut résolument décoller de certaines formulations de Freud lorsqu'il cherchait à donner corps à cet antagoniste d'Éros dont la nécessité théorique s'était imposée à lui. Dans son texte « Audelà du principe de plaisir » (1920), Freud ne parvient manifestement pas à trouver un support représentatif (clinique) à son idée de forces psychiques de mort. Ses recherches du côté de la biologie pour faire état d'une tendance