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Janine Chasseguet-Smirgel, dans la préface à la réédition du livre (2004), remarque : « Jusqu'en 1988 à peu près, un certain nombre de collègues ne nous ont plus adressé la parole. »
Pourquoi un tel rejet ? Est-ce parce que les auteurs découvraient un éclairage inconnu sur les mouvements sociaux et leurs « révolutions » ? Cette élucidation avait-elle dénoncé les « croyances » d'authentiques psychanalystes ? En effet, pour nos auteurs,
« la contestation et la révolution sont toutes deux des expressions des tendances relevant du complexe d'Œdipe, la seconde cherchant à aboutir à une réalisation qui peut prendre un sens de dépassement œdipien, alors que la première vise à l'éviter. (…) La révolution concerne le monde objectal, elle s'accroche au contenu et tente d'introduire dans la réalité un nouvel élément. Le contestataire par contre met en avant la réalité sociale pour “abréagir son propre conflit familial, son action nie en fait le monde objectal quel qu'il soit ; c'est un mouvement subjectif, lyrique qui revient en arrière et veut tout annuler” ».
Janine Chasseguet-Smirgel et Béla Grunberger ont su dévoiler que ces deux tendances : la « contestation » et la « révolution », sont présentes dans chaque mouvement qui dénonce les impasses sociales. Ce sont deux facteurs qui alternent et créent des interférences entre eux qui peuvent influencer le déroulement des événements. « Ces mouvements sont difficilement saisissables car ils restent souvent refoulés, donc échappent à l'observateur. » Pour les auteurs, les événements du mois de mai 1968 sont le contraire d'un véritable mouvement révolutionnaire.
Béla Grunberger se plaisait à souligner combien les phénomènes sociaux et politiques pouvaient être considérés comme un véritable laboratoire favorable à