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Les contributions psychanalytiques à la théorie de la psychologie des groupes et des organisations ont quelque chose de curieux. Quelques-unes des principales contributions théoriques dans ce domaine occupent un territoire un peu en marge du courant général de la psychanalyse et la plupart des psychanalystes ont tendance à s'en écarter. Ces contributions ont néanmoins eu un impact important sur les scènes intellectuelle, scientifique et même politique – un impact toutefois limité au domaine de l'intervention organisationnelle, et il y a de bonnes raisons à cela. J'y reviendrai plus longuement.
Je présente dans ce qui suit un aperçu de ce domaine en m'intéressant plus particulièrement à un aspect auquel on semble ne pas avoir prêté toute l'attention qu'il mérite : celui des leaders des groupes et des organisations. Quant au titre du présent titre, il voudrait traduire le sentiment d'incertitude et même de danger que j'en suis arrivé à associer aux tentatives d'appliquer aux grands groupes et organisations des connaissances acquises à travers la psychanalyse.
Freud (1921) a introduit l'étude psychanalytique des processus de groupe, les expliquant du point de vue de la psychologie du moi qu'il venait alors de développer. Pour illustrer ses théories de la psychologie des groupes, Freud prend l'organisation de l'Église et de l'Armée comme exemples de la relation du groupe – ou, plutôt, de la relation de toute l'organisation à son chef. Mais, comme François Roustang nous le rappelle dans Dire Mastery (1982), Freud n'a jamais été dans l'armée, ni membre d'aucune église. Sa propre expérience du