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Il est de bon ton entre psychanalystes de dénoncer l'institution psychanalytique, d'ironiser et de persifler sur ses effets pervers, de l'accuser d'entrave à la liberté de pratiquer conformément à son intime conviction, de frelater jusqu'à l'originalité de la pensée de ses membres. L'institution ne serait qu'une machinerie à produire du conformisme et de la normalisation.
Ces critiques ne sont pas toujours infondées. Mais elles le sont si elles sont proférées au nom du spontanéisme, c'est-à-dire de la glorification exclusive d'une fidélité infrangible à soi-même et à l'irréductibilité de l'expérience singulière que chacun possède, par-devers soi, de la psychanalyse.
Le risque de dérive vers l'autoréférence est indissociable de la revendication d'une autonomie souveraine sans contrepartie. Conjurer le risque de l'autosuffisance et de l'arbitraire, cela passe par la confrontation au regard et à la critique de l'autre. Seulement, l'autre, ici, ce n'est pas seulement le patient, c'est avant tout le collectif de pairs.
Mais un collectif de pairs, en quoi cela consiste-t-il ? Il s'agit non seulement d'une formation empirique, mais aussi d'un concept. Le collectif, ce n'est pas un groupe, c'est beaucoup plus que cela. Il existe en effet des groupes dont tous les membres pensent rigoureusement de la même façon. Sa forme caricaturale, la secte, est un groupe frappé par une normalisation radicale de ses membres. Le collectif est, au contraire, une formation qui s'est dotée d'instruments spécifiquement destinés à lutter contre la dérive sectaire. Or ces