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« S'il est préalable à l'activité de penser, l'interdit de penser porte principalement sur deux ordres de systèmes : les systèmes de reproduction, les systèmes de domination. S'il est consécutif à un acte de penser, l'interdit de penser condamne le surinvestissement narcissique de la pensée et l'enorgueillissement du savoir acquis. »
« Attelée à la connaissance du monde psychique, la pensée doit obéir à la double tâche de s'éloigner suffisamment des dérivés pulsionnels où elle prend naissance sans cesser de maintenir le contact avec ses racines affectives qui lui donnent son poids de vérité. »
Ma réflexion s'appuie sur la conviction selon laquelle l'intérêt pour la théorie et la pratique psychanalytiques est indissociable de l'investissement de l'institution dans laquelle le psychanalyste a choisi de s'insérer. Au minimum, cet investissement repose sur l'utilisation du cadre institutionnel dans une fonction de tiers et de protecteur du cadre de la cure. Cette fonction est essentielle, parfois nécessaire, pour lutter contre le danger inhérent au métier de psychanalyste : la manipulation de substances explosives. Ce n'est pas pour rien que Freud recommande que le psychanalyste soit un bon chimiste. Ce n'est pas pour rien que cette métaphore apparaît dans Observations sur l'amour de transfert. La psychanalyse est porteuse de scandale : scandale sexuel, érotique, passionnel. En ce sens, elle est asociale. D'où la contradiction qui naît dès lors que, pour protéger notre pratique et la transmettre, il faut instituer.