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Pendant longtemps, l'enfant a seulement été considéré comme un objet à modeler, une tablette de cire vierge sur laquelle s'imprimaient les différentes sensations, ou comme une statue naturellement inerte, dont il fallait ouvrir et entraîner les canaux sensoriels. Cette inspiration sensualiste, qui trouve dans Locke et dans Condillac ses lettres de noblesse philosophique, a été à l'origine de traitements qu'on peut qualifier de « correctifs », car ils cherchaient à corriger un comportement déviant, considéré comme secondaire soit à un manque de stimulation, soit à un apport d'informations incorrectes, soit encore à une mauvaise impression sur une cire de mauvaise qualité. C'était alors seulement de l'extérieur que pouvaient venir les bonnes instructions. Le maître, usant de son savoir, corrigeait les mauvaises orientations et transmettait des connaissances et des modes de traitement de l'information, approuvés socialement, éventuellement en développant des compétences substitutives lorsqu'un handicap sensoriel, moteur ou mental privait l'enfant des instruments nécessaires. Il récompensait les comportements adéquats pour les renforcer et sanctionnait les comportements inadéquats pour les faire disparaître. L'institution était utilisée, d'une part pour mettre l'enfant à distance d'un milieu supposé trop tolérant ou délétère, d'autre part pour s'assurer une prise plus efficace sur lui. Elle constituait un nouveau milieu, conçu comme un espace de réadaptation sociale. Des anciennes maisons de correction des « pervers constitutionnels » jusqu'aux modernes instituts de rééducation des « troubles caractériels », en passant par