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L'étude du rêve se situe à l'origine de la construction métapsychologie du fonctionnement psychique inconscient. En 19002, dans le décours de son autoanalyse, Freud fonde la psychanalyse en formulant une représentation d'un espace psychique clos, conçu sur le modèle du rêve ; le rêve est « égoïste », à la fois gardien du sommeil et source de satisfaction des désirs infantiles d'un sujet-rêveur conçu comme solipsiste. L'espace onirique clos freudien était une nécessité épistémologique, afin de cerner et isoler l'inconscient pour en découvrir les propriétés, en parfaite homologie avec l'invention du dispositif de la cure3. Pour Freud, le rêve est une affaire strictement privée !
Pourtant, dès 1913, Ferenczi4 (cité par Kaës) se demandait déjà : « À qui raconte-t-on ses rêves ? », et répondait : « Les psychanalystes savent depuis longtemps qu'on se sent poussé inconsciemment à raconter ses rêves à la personne même que leur contenu latent concerne. » Dans cette réflexion, le rêve n'est déjà plus replié égoïstement sur lui-même, il s'inscrit dans une réalité intersubjective. L'adresse et le destinataire de ce même rêve font désormais partie du travail du rêve ; il concerne donc aussi l'analyste, objet du transfert de son analysant.
Un siècle après L'interprétation des rêves de Freud, René Kaës nous livre un ouvrage important, intitulé La polyphonie du rêve. Fidèle à sa vocation de