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Ni analyse universitaire ni étude clinique, le livre de Maurice Corcos, Penser la mélancolie. Une lecture de Georges Perec, est une variation (au sens musical du terme) autour d'un thème, ce thème concernant à la fois l'œuvre de Perec et l'enfance de celui-ci.
En effet, ce qui est vrai de beaucoup d'écrivains l'est particulièrement de Perec : on peut être charmé par certains de ses livres sans rien connaître de l'auteur, mais pour entrer vraiment en relation avec cette œuvre il faut connaître l'histoire de Perec.
La voici telle qu'il la raconte dans un roman en partie autobiographique : W ou le souvenir d'enfance. Il est né en 1936 à Paris. Ses deux parents étaient juifs, immigrés de Pologne. Son père, engagé volontaire, meurt sur le front en 1940. En 1942, alors qu'il est âgé de 6 ans, sa mère l'accompagne à la gare de Lyon d'où il part, avec un convoi de la Croix-Rouge, rejoindre une tante à Villard-de-Lans. Il ne reverra plus sa mère, morte à Auschwitz après avoir été internée à Drancy. Pendant trois ans, il est confié à de petites institutions catholiques. En 1945, sa tante et son oncle l'adoptent.
Comme tous les passionnés de Perec, Corcos n'en finit pas de constater que cette histoire est dissimulée, volontairement ou non, dans le moindre de ses écrits : romans ou exercices littéraires, poèmes ou pochades.
Volontairement ou non ? C'est une question qui traverse souvent l'esprit quand on lit certaines exégèses sophistiquées des textes de Perec. Corcos aborde