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Dans un article de 1956, F. Pasche s'est occupé de définir ce qu'il appela « le génie de Freud ». Et le génie de Freud, s'il m'est permis une simplification peut-être excessive, c'était, selon lui, de ne jamais perdre de vue dans l'élaboration de sa théorie une vision d'ensemble de la complexité psychique, de telle façon qu'on ne pourrait enlever un de ses éléments sans que les autres en soient perturbés dans leurs rapports mutuels. « Ainsi, dans cette œuvre, au moins pour l'essentiel, il semble que tout se tient, que tout conspire et se répond » (Pasche, 1969, p. 67).
C'est aussi un peu le génie de la psychanalyse française, car je crois ne pas exagérer en disant que les psychanalystes français sont ceux qui ont le plus étudié l'œuvre de Freud, prolongeant sa réflexion et son questionnement. Il ne s'agit pas du ressassement nostalgique de choses connues, mais du souci de continuer et de maintenir vivante son inspiration originale. Tout cet énorme travail leur a permis de rendre à la psychanalyse un service inestimable, c'est-à-dire de maintenir un cap dans le pluralisme théorique contemporain qui, s'il est un signe de vitalité et de richesse, ne présente pas moins pour certains le risque de s'égarer en chemin.
Je suis heureux de pouvoir rendre cet hommage à la psychanalyse française et à tous les auteurs qui, pendant tant d'années, ont enrichi notre connaissance et, ce faisant, nous ont permis de mieux travailler et de mieux répondre aux besoins de nos patients.
Le rapport de Bernard Brusset est un immense travail : d'une façon remarquable, il fait le point sur un sujet difficile qui divise le monde psychanalytique. Avec rigueur et une admirable concision, il nous rend un inestimable service de clarification et de synthèse, car, inlassablement, les divers courants nous sont présentés, comparés, critiqués de façon à mettre à notre disposition toute une