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L'idée de chercher de nouveaux concepts en analyse s'est imposée pour un certain nombre de psychanalystes du fait de problématiques cliniques « actuelles » mettant fortement en évidence la précarité des limites. Celles-ci sont à entendre dans plusieurs sens : limites entre moi et l'autre, dans la perspective d'une différenciation intersubjective, entre moi et objet ; limites à l'intérieur même de l'appareil psychique – entre systèmes dans le cadre de la première topique, entre instances dans celui de la seconde. Les états limites, qui nous occupent tant aujourd'hui, montrent en effet des espaces de confusion ponctuels, transitoires ou parfois plus profondément inscrits dans le fonctionnement psychique, qui créent des zones de mélange entre le Moi et l'autre. Mais ils ont été aussi longuement analysés, d'une part à partir de l'écrasement du préconscient, privant le sujet des possibilités inhérentes au travail de figuration, voire de symbolisation, et d'autre part caractérisés par une différenciation insuffisante du Surmoi dont l'enracinement dans le Ça produit des effets dévastateurs en aliénant le Moi, perdu dans la servitude de ses deux maîtres. Les états limites, on le sait, montrent des moments d'envahissement pulsionnel qui ouvrent la voie aux désordres de la décharge et, en même temps, subissent la tyrannie d'un Surmoi cruel qui exerce violemment ses pouvoirs, entraînant des mouvements autodestructeurs souvent dommageables pour le Moi.
Faut-il, comme le propose, avec précaution mais fermeté, Bernard Brusset, envisager la construction d'une troisième topique pour organiser et transférer, en termes métapsychologiques, la spécificité de certaines composantes du fonctionnement psychique de patients dits « non névrotiques » ? L'usage des deux topiques freudiennes est-il insuffisant pour en saisir la singularité ? C'est cette question qui est frontalement abordée par B. Brusset avec une acuité et une