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Souvenez-vous du colloque de l'APF en 1984, « La pulsion : pour quoi faire ? » Dans son allocution d'ouverture, Roger Dorey posait la question en ces termes : « Peut-on penser psychanalytiquement en se passant du concept de pulsion ? » De la même façon, une question a parcouru tout notre Congrès, question que je pourrais formuler dans les mêmes termes : « Peut-on penser psychanalytiquement en postulant l'existence d'une nouvelle topique ? »
Depuis la lecture du rapport de Bernard Brusset et pendant le Congrès, j'avais, en toile de fond de mes réflexions, deux phrases. La première est de Sigmund Freud, en 1937, dans « L'analyse avec fin et l'analyse sans fin » : « Sans spéculer ni théoriser – pour un peu, j'aurais dit : fantasmer – métapsy-chologiquement, on n'avance pas ici d'un pas. » La deuxième est d'André Green : « Cela, en somme, revient à dire que l'objet joue pour la vie psychique un rôle équivalent à celui que jouent l'oxygène et les composants de la nutrition pour la vie biologique. »
B. Brusset a donc exploré, avec rigueur et précision, un nouveau « fantasme » métapsychologique et nous pouvons l'en remercier.
Cependant, plusieurs questions restent en suspens et je vais tenter de les cerner dans ce court article.
La première concerne l'opposition pulsion-objet qui est revenue plus d'une fois dans les discussions. Pour ma part, je ne vois pas d'opposition pulsion-objet, puisque la pulsion est déjà le fruit d'une première organisation qui, sans l'objet, ne se ferait pas. Dans l'Abrégé, Freud décrit d'ailleurs le Ça lui-même comme une première organisation qui nécessite des conditions préalables, et c'est ici que l'objet apparaît comme « l'oxygène du psychisme ». Mais, je ne parle pas ici de « relation d'objet » dans la mesure où cette expression induit un