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L'objectif de mon intervention est de souligner l'importance du lien et des représentations dans le développement psychique, la psychopathologie et ses implications cliniques.
Nous savons tous que les pathologies actuelles sont, de plus en plus, celles dont la relation à l'objet primaire se caractérise par des liens brefs, fragiles ou même précocement interrompus et dans lesquelles le vécu œdipien n'est pas suffisamment accentué ; pas seulement dans les cas limites, mais aussi dans les cadres hétérogènes qui leur ressemblent.
Cette réalité aura comme conséquence l'instabilité et l'indifférenciation des représentations de soi et de l'objet, moi et l'autre, qui mettent en cause le fonctionnement psychique, lorsqu'il faut faire face au conflit, traduit le plus souvent par une anxiété diffuse.
La fragilité des liens affectifs structuraux est en rapport avec un malaise identitaire (dont le faux self de D. W. Winnicott n'est qu'un aspect) et les liens intrapsychiques ne tiennent pas lorsqu'il faut faire face aussi bien à la réalité interne vis-à-vis du monde pulsionnel qu'à la réalité externe qui exige une capacité de transformations.
Devant la difficulté, pour le sujet, de recourir aux liens internes de la vie psychique, il s'attache à la réalité externe, dans une stratégie qui privilégie la perception par rapport à la représentation. La perception interne est alors collée au système projectif et à l'inconscient pulsionnel tandis que la perception externe est associée aux aspects cognitifs désaffectés et désobjectalisés. Comme l'a souligné, à plusieurs reprises, B. Brusset, si la libido est retirée à la représentation, l'objet devient une perception. Autrement dit, si le lien libidinal est perdu, il s'installe un lien hostile. Or le lien hostile court-circuite la réalité psychique.