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Les deux auteurs de cette communication, tout au long de leurs travaux, se sont montrés critiques à l'égard de certains mouvements de pensée, dans la psychanalyse, dès lors qu'ils se sont éloignés de la base originale posée par Freud.
Malgré leurs indiscutables divergences en matière d'appréciation des faits psychiques, énoncées dans leurs ouvrages respectifs : Luzes (1968, 1974, 1997, 2001 et 2004) et Amaral Dias (1994, 1995, 1998, 2001 et 2005), un point leur est commun : celui qui s'organise avec Bion dans les interfaces entre son œuvre et celles de S. Freud et de M. Klein. Ce point ancien date de 1968 et fut présenté devant ce même Congrès des psychanalystes de langue française (romanes), à Lisbonne.
« Bion a été, après Freud, l'analyste qui, à mon avis, a apporté à l'étude des processus de pensée les schémas analytiques les plus profonds. Les formes de vie psychique qu'il étudie sont encore plus discontinues que celles qui sont décrites par Freud. Ses conceptions sont beaucoup plus difficiles à intégrer dans une construction rationnelle que celles de Freud. Ceci résulte du fait que celles-là sont destinées à expliquer des réalités discontinues, placées encore plus profondément que celles que Freud aspirait à traiter » (Luzes, 1968).
Plus loin, dans le même texte, on peut lire :
« Je prévois qu'autour des travaux de Bion, comme autour de ceux de Freud ou de Melanie Klein, le débat restera ouvert pendant de longues années. À part le progrès certain qui résultera de l'intégration progressive de ses théories dans l'ensemble de notre science, il en résultera aussi quelques inconvénients. L'incertitude de quelques points de la théorie analytique augmentera, les résultats thérapeutiques seront jugés plus insatisfaisants, une fois que nous tendrons à les comparer avec une gamme plus vaste de possibilités interprétatives, ce qui fera souffrir aussi un certain “réalisme psychanalytique“. »
Mais, à qui s'adresse ce « réalisme psychanalytique » ? Où se déplace-t-il ? La proposi