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Teresa Flores a choisi de donner comme titre à son exposé clinique « L'homme à l'ordinateur ». Je me suis dit, en lisant le récit de cette cure analytique, puis en écoutant la présentation orale de son rapport, qu'elle aurait aussi bien pu choisir de l'appeler : « L'homme à la peau fragile », tant en effet ces deux modalités défensives sont majeures et radicales dans leur fonction protectrice de toute excitation interne comme externe. Nous sommes en effet en présence de deux types de défenses spécifiques avec, d'un côté, le surinvestissement exclusif et addictif d'un ordinateur, objet de relations virtuelles, analogon de la relation d'objet, et de l'autre, la figuration corporelle au niveau de la peau, à partir de l'apparition d'un acné « répugnant », de la fragilité de ses frontières et de ses capacités contenantes. Une barrière le protégeant des effractions pulsionnelles et une autre le mettant à l'abri de tout contact direct avec le monde extérieur.
J'ai d'abord été particulièrement intéressée par ces deux « choix » défensifs dressés contre l'irruption du pulsionnel, contre les dangers de la pensée et contre tout rapprochement avec l'objet, du fait de leur survenue simultanée chez ce patient au moment de son adolescence. Il m'a semblé que ces défenses relevaient l'une et l'autre davantage d'une problématique du contact avec l'objet bien avant de poser la question d'une pathologie des relations d'objet à proprement parler. Je vais essayer de développer ce point de vue clinique et de l'articuler tout particulièrement aux troubles de la pensée auxquels il est associé. Je m'attarderai moins sur les autres aspects pathologiques qui composent l'organisation psychique hétérogène de ce patient et que Teresa Flores a développés, pour centrer mon propos sur les liens entre l'atteinte des capacités de penser et les manques traumatiques de contact avec l'objet.