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Le vaste sujet que les organisateurs de ce colloque souhaitaient voir traité, nécessitait, à mes yeux, le survol de beaucoup de thèmes de discussion qui ont animé les débats de ces quarante dernières années autour de l'analyse d'enfant, prolongeant les alternatives historiques contemporaines de sa création. Dans les limites qui m'étaient assignées, ce survol était nécessaire mais risquait d'être superficiel ; aussi ai-je choisi d'introduire ce rapport par des considérations plus précises, que j'espère mieux argumentées, à propos d'un tableau clinique connu de tous et d'ailleurs exposé à ce Congrès par R. Spitz en 1953. Il s'agit de l'angoisse de l'étranger ; j'envisagerai essentiellement son apparition et tenterai d'y discuter ce qu'elle peut nous apprendre des relations de l'objet et de la pulsion, comme ce qu'elle nous en laisse ignorer.
L'apparition de cette sémiologie nouvelle au cours du second semestre de la vie a été repérée et commentée par Freud tout particulièrement en 1926 dans Inhibition, symptôme, angoisse :
— Jusqu'ici, en effet, « la situation dans laquelle il [le nourrisson] ressent l'absence de la mère, étant mal comprise (il ne peut encore distinguer l'absence temporaire de la perte durable), n'est pas pour lui une situation de danger mais une situation traumatique, plus exactement elle est une situation traumatique si, à ce moment, il éprouve un besoin que la mère devrait satisfaire… »
— À partir de là, la survenue de l'angoisse, mêlée de douleur, obéit à des conditions différentes, assez ou tout à fait indépendantes des besoins actuels à satisfaire, lorsque, « au lieu de sa mère, [il] aperçoit une personne étrangère. Il manifeste alors cette angoisse que nous avons rapportée au danger de perte de