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Ce que l'on met dans notre boîte à outils métapsychologique doit idéalement nous permettre de répondre aux problèmes posés par les différentes situations cliniques auxquelles nous avons à faire face. C'est dans cette perspective que ce 66e Congrès des psychanalystes de langue française, en particulier à l'instigation de Bernard Brusset, nous a permis de questionner la valeur heuristique du concept de troisième topique, comme il a été formulé par différents auteurs, dans la foulée de Green, depuis une vingtaine d'années.
Parler d'une topique depuis Freud, ce n'est pas que nommer des lieux ou une spatialisation, mais convoquer nécessairement les aspects économique et dynamique qui déterminent les propriétés des espaces et des objets qui s'y meuvent. La troisième topique se propose comme une perspective de réponse aux difficultés de transformation rencontrées dans l'usage clinique de nos deux grands modèles antérieurs (topographique et structural dans les termes anglosaxons), proposés par Freud. Elle s'adresse particulièrement aux vicissitudes entourant la fermeture du Moi pour mettre en place un espace psychique personnel et différencié, ce qui convoque aussi le problème des conditions d'accès à une conflictualité intrasubjective. Elle offre ainsi un point de vue préalable au travail psychique sous-tendu par la mise en place de la double limite (Green, 1982), limite rendant pleinement opérationnelles les deux topiques freudiennes. En utilisant la métaphore proposée par A. Ferro dans la discussion lors du Congrès, cette nouvelle topique peut se décrire ainsi : elle porte notre point de vue non plus sur le monstre du Loch Ness, mais vers le lac où la bête se meut. Elle souligne ainsi que, pour que le monstre puisse être abordé, figuré, éventuellement cuit, élaboré, il faut d'abord un lac du Loch Ness – un œil ouvert sur la nuit profonde, dans les mots d'un poète québécois Gilles Vigneault.