You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans « Pour introduire le narcissisme », Freud écrit : « La démence précoce et la paranoïa nous fourniront l'accès à l'intelligence de la psychologie du Moi. » B. Brusset situe au même carrefour son projet de fonder la nécessité de penser une troisième topique, qui serait celle des éléments que laisse hors psyché une organisation narcissique défaillante ou incomplète, cela, à partir des descriptions de ces pathologies du narcissisme que sont états limites et psychoses. Il s'agit aussi de prendre en compte la nécessité apparue aux praticiens de ces cliniques de penser la topique des dispositifs de soin qu'il faut empiriquement négocier avec ces patients pour accueillir et tenter de réintégrer ces éléments externalisés, qu'il s'agisse de contenus ou, surtout, de processus.
B. Brusset se situe dans une continuité avec son ouvrage antérieur, qui brosse un large panorama des théories dites de la relation d'objet, préoccupées de ces pathologies. Or, à sa lecture, j'avais été sensible au fait que ces théories, volontiers critiques à l'égard de la première topique, proposaient un cheminement parallèle à celui de Freud à partir de là. Ces théories en effet, surtout celles de la lignée de Ferenczi, décrivent toute une phénoménologie des mouvements d'intériorisation ou d'expulsion des objets, précisent la clinique de l'aliénation, découvrent la notion de clivage (Ferenczi, 1926 !), produisant ainsi une sorte de « deuxième topique bis », assez éloignée de la conceptualisation freudienne.
Or, entre 1911 et 1915, c'est aussi dans un mouvement de dépassement de la première topique que Freud pose les éléments encore épars de la deuxième topique autour de l'introduction au narcissisme1, avec « Deuil et mélancolie »,