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« Le Moi s'éveille par la grâce du Toi… La rencontre nous crée. »
Les grands apports de la métapsychologie freudienne ne doivent pas nous empêcher de reconnaître ses insuffisances. Soulignons d'entrée de jeu une carence majeure de cette métapsychologie, soit « l'absence d'une référence suffisante à la réponse de l'objet dans la structuration de la psyché » (A. Green, 2002). Une question dès lors se pose : comment tenter de combler cette lacune sans invalider la métapsychologie de Freud ? Il peut être utile d'aborder cette question à l'aide d'une perspective qui, tout en étant différente au départ, n'en possède pas moins des éléments qui s'apparentent aux repères fondamentaux de la métapsychologie freudienne : telle me semble être la métapsychologie de Winnicott.
Perspective de départ différente, disons-nous : comme le rappelle B. Brusset (2005), pour Freud, la psyché, même dans son état le plus primitif, forme d'emblée une unité fonctionnelle sur le modèle du réflexe monosynaptique ; pour Winnicott, il n'existe pas d'emblée une telle chose qu'un psychisme individuel mais plutôt un ensemble individu/environnement. Certaines conditions sont nécessaires pour assurer le passage de cette unité duelle primitive à l'unité individuelle – le passage, dirons-nous, de la dyade à la monade. Winnicott ouvre ainsi un nouveau champ épistémique à la réflexion analytique : un travail psychique est dorénavant nécessaire pour qu'advienne un psychisme individuel. Présentons d'emblée notre thèse : ce travail psychique constitue un enjeu du développement suffisamment important pour justifier l'introduction d'une troisième